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L'HISTOIRE DE LA CRECHE PROVENCALE

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1 L'HISTOIRE DE LA CRECHE PROVENCALE le Lun 14 Déc - 22:08

janus


Admin
La Crèche et les Santons

origine du texe ici

Etymologiquement, le nom de santon vient du provençal Santoun qui signifie petit saint. Le mot crèche quant à lui vient du mot crupio qui signifie mangeoire, d'étable. La fête de Noël a été décidée en 354 par le pape Liberius dans le but de remplacer la fête païenne qui entourait le solstice d'hiver.

En Provence, la tradition de faire la crèche semble encore si vivace de nos jours que l'on peut sans peine imaginer que cette habitude remonte du fond des

âges. Cela est presque le cas puisque les premières représentations de la nativité figurent en Arles sur des couvercles de sarcophages paléo-chrétiens dès le IIIème siècle de notre ère...

Saint-François d'Assise à l'origine de la crèche

Dès le XIIème siècle, on trouve de nombreuses représentations sculptées de la nativité, mais aussi de l'âne, du boeuf, des rois-mages. A cette époque, ce sujet donnait également lieu à des jeux qui se déroulaient sur le parvis des églises et qui mettaient en scène les personnages de la crèche.

On attribue à Saint-François d'Assise, qui en 1223 souhaitait se rendre compte du dénuement de la naissance de Jésus, d'avoir pour la première fois mis en scène la nativité du Christ en mêlant personnages vivants et figurines. Les Provençaux acceptent d'autant mieux cette version que la mère de Saint-François d'Assise était originaire de Tarascon, et que par conséquent elle a certainement influencé son fils en prenant exemple sur les "Pastrages" qui se déroulaient lors de la messe de minuit et qui étaient des représentations de la Nativité jouées par des bergers.

Si cet épisode est difficile à vérifier, il est sûr par contre que les premières crèches d'église sont venues d'Italie.

Les grandes crèches d'église.

A l'origine, ces représentations étaient constituées de personnages simples faits de carton, papier bouilli et colle. Les personnages qui au début ne faisaient figurer que la sainte famille et quelques bergers s'enrichirent au XVIIIème de personnalités bien provençales. A la même époque, on note également l'apparition de crèches publiques qui étaient parfois mécaniques (une est d'ailleurs conservée au musée d'Aix en Provence). Le succès de ces crèches entraîna l'apparition de chants et de véritables spectacles autour de la Nativité. La messe qui se déroule à Lurs le soir de Noël en est un exemple. En s'appuyant sur des mises en scène précises (dont sont également tirées les Pastorales), on vit apparaître (1775) des crèches vivantes et parlantes qui comptaient de nombreux personnages tels le meunier, le ramoneur, le bohémien, l'aveugle...

Cette ferveur religieuse populaire s'appuie sur la contre réforme menée par l'Eglise, Saboly dont on chante encore les Noëls fut instruit par les Jésuites et son oeuvre inspira toutes les Pastorales dont celle de Maurel qui est la plus célèbre.

Des crèches publiques aux crèches privées.

Dès cette époque, l'engouement pour ces représentations de la Nativité donna envie aux gens de posséder eux-mêmes leur crèche.

Au XVIIème, les "Bélen", mot qui doit être rapproché de Bétélen (contraction provençale de Bethléem) étaient fabriquées dans la région de Nevers par des verriers de Venise qui s'y étaient installés. Ces crèches de Nevers étaient de petites représentations de la Nativité tout en cristal, leur taille réduite et leur fragilité impliquaient qu'elles soient enfermées dans des cadres de bois protégés par une vitre (quelques beaux exemples peuvent être vus dans les musées d'Arles). Malgré tout, ces crèches de par leur coût élevé étaient réservées aux familles riches.

Il faut attendre le XVIIIème siècle pour voir une première démocratisation de la crèche grâce aux religieuses de couvents qui se mettent à produire des reproductions de Bélen en mie de pain décorée. Mais l'essor qui aboutit à ce que nous connaissons est principalement dû à la fureur révolutionnaire de 1789. Les provençaux privés des fêtes calendales jugées trop religieuses durent recréer chez eux à l'abri des regards le mystère de la Nativité.

On peut dire que le premier santonier moderne fut Jean-Louis Lagnel qui vécut à Marseille (1764-1822) et qui le premier créa de petits personnages en argile que l'on pouvait reproduire par moulage. Ces "santons d'un sou" permettaient enfin à chacun de posséder sa propre crèche.

L'artisanat des santons aujourd'hui...

La petite industrie des santons a depuis l'époque de Lagnel connu encore bien des évolutions. Sous l'impulsion de nombreux santoniers tous plus imaginatifs les uns que les autres, de nombreux personnages firent leur apparition dans la crèche.

Le four du santonnier Sous l'impulsion de quelques amis des santons, au nombre desquels on compte le chanoine d'Agnel, Marcel Provence, le poète Rougier..., de nombreuses manifestations ont vu le jour, on peut en particulier citer la foire aux santons de Marseille qui existe depuis plus de 150 ans.

Il est également important de dire que ce qui fait le charme du santon c'est avant tout le santonnier qui le façonne, avec un peu d'entraînement il est possible de reconnaître qui a fait tel ou tel santon. Espérons que cette activité ne deviendra pas plus industrielle et que nous pourrons longtemps encore avoir du plaisir à découvrir la création de l'année qui peut s'inspirer de la tradition provençale ou parfois de l'actualité. On peut citer à ce sujet un santonnier d'Aubagne qui met chaque année dans la crèche de nombreux personnages publics que l'on n'a aucun mal à reconnaître (Coluche, Montand, Depardieu, Raimu, Fernandel...).

Il ne faut pas croire que cela est détruire la tradition que de rajouter de nouveaux personnages, il faut à mon avis penser que comme dans le passé cette évolution permet de prouver que le petit monde des santons est vivant et non pas figé dans l'immobilité de traditions mortes...

Comment doit-on faire la crèche ?

Nous dirons ici qu'il n'y a pas forcément de règles bien précises, faire la crèche est avant tout un plaisir familial et chacun doit pour cela faire à son goût.

Sur l'espace que vous aurez choisi, de préférence bien en vue dans la maison, commencez par créer différents niveaux au moyen de boîtes en carton. Habillez l'ensemble de papier puis recouvrez le tout de mousse que vous aurez été chercher en forêt, figurez les arbres par de petites branches, la rivière par du papier aluminium ou de la cire fondue et la neige par de la farine ou du lichen. Pensez à ménager un espace pour les bergers et leurs moutons et prévoyez un cheminement qui conduit au lieu de la naissance de Jésus.

Pour les maisons, les santonniers possèdent un large choix de modèles, si vous vous en sentez le courage, vous pouvez aussi vous lancer dans la construction en bois, petites pierres collées... pour recréer un village. N'oubliez pas (le seul lieu indispensable) de figurer l'étable, une simple grotte dans le papier et la mousse peut suffire.

Il vous restera ensuite à placer vos santons dans ce décor. Il existe plusieurs tailles de santons, depuis les puces de 2 cm jusqu'aux grands de 20 cm.

Cela peut vous permettre de donner une impression de perspective parfois intéressante.

Quels santons doit-on mettre dans la crèche ?

Là encore, pas de règles précises. Pour les vrais puristes, nous signalerons que la Sainte Famille doit être installée quelques jours seulement avant Noël, que le santon qui figure Jésus ne doit être mis que le 24 décembre à minuit et que les Rois Mages n'apparaissent que le jour de l'Epiphanie. Dernier détail, les membres du clergé ne sont logiquement pas représentés dans la crèche puisque l'église est née après Jésus. Sachez seulement qu'il existe plusieurs familles de personnages, nous ne pourrons tous les citer tellement ils sont nombreux.

Les Valets : L'aubergiste qui avait refusé de loger la Sainte Famille, il est honteux et se cache. Le ravi (simple d'esprit) qui émerveillé lève les bras au ciel, le Pistachié qui a peur de tout et Giget le bègue (personnages de la Pastorale Maurel).

Les Bergers : Ils sont très importants puisque c'est à eux que la bonne nouvelle fut annoncée en premier par l'ange Boufaréou (aux joues gonflées). On trouve le berger et son chien, le berger couché, le berger qui porte un agneau... et les moutons, chèvres...

Les Villageois : Parmi eux, on distingue le meunier, le boulanger, le paysan, la lavandière, la femme à la cruche...

Les Vieux et les Enfants : Plus lents dans la procession qui mène au lieu de la naissance, on trouve la vieille à la chaufferette, le bûcheron et sa femme venus des Pastorales, on a aussi Jourdan, Roustide, Grasset et Grassette. Pour les enfants, on trouve généralement l'enfant aux fruits, la femme à l'enfant.

Les Gagne-petit : Parmi cette famille nombreuse, on distingue le chasseur, le pêcheur à la ligne, le ramoneur qui venait chaque année de Savoie, le vitrier, le chiffonnier, la vendeuse d'escargots, l'aveugle et l'enfant, les bohémiens, le vagabond...

Les Citadins : Des métiers des villes (commerçants et artisans) ont également été représentés, on peut citer en particulier la poissonnière, le portefaix, la bouquetière, le porteur d'eau, le rétameur, venus de la Pastorale, citons aussi le rémouleur et le cabaretier (Bartoumiou) qui seront guéris de leur ivrognerie en arrivant devant la sainte étable...

Les Notables : Parmi eux arrive en bonne place le maire accompagné du garde champêtre.

Les Porteurs de présents : Ces derniers sont représentés chacun avec un présent qu'ils amènent à l'enfant pour sa naissance. On trouve plusieurs personnages dont la spécificité réside dans le présent qu'ils portent. On a le porteur ou la porteuse de : oie, poule, lapin, vin cuit, fougasse, morue, fromage...

On trouve les musiciens, parmi eux on a principalement le tambourinaïre, le joueur de vielle et d'accordéon. Parfois on trouve également plusieurs santons qui constituent une farandole...

Enfin et pour terminer, citons la présence de la fameuse Arlésienne qui pour ce grand événement daigne, contrairement à la légende, se montrer.

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