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SI LA BRAVADE M'ETAIT CONTEE

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1 SI LA BRAVADE M'ETAIT CONTEE le Dim 18 Avr - 21:10

janus


Admin
La fête de la Saint-Maur arrive et les coups de tromblon vont se faire entendre.



La bravade cogolinoise est apparue il n’y a pas si longtemps (14 ans). Elle n’a pas de racines franchement évidentes comme celles de Fréjus et de Saint-Tropez (lire ci-dessous).
Il semble qu’elle est avant tout un attrait festif et touristique.
Le groupe des bravadeurs s’est bien agrandi au fil des quelques années d’existence et respecte un rituel bien rodé de nomination du capitaine de ville, de défilé des bravadeurs, de procession votive, d’aubade, de salut au saint.
Un esprit bravadeur fédérateur s’est ainsi naturellement forgé, recréant quelque peu l’esprit clocher d’antan. On peut, souligner la sympathique initiative de ces joyeux drilles cogolinois qui ont su donner un côté plus solennel à la fête de la Saint-Maur, qui il y a encore peu n’était que purement festive (manège, bal, jeux).

Bien que cette bravade, pour cause, ne soit pas liée à un évènement ou à un personnage historique particulier, elle donne toutefois des couleurs de Provence à la fête du Saint qui prend l’air à cette occasion. Quel bonheur de s’oxygéner après tant de siècles d’enfermement… Merci les bravadeurs, pourrait leur crier Saint-Maur.

Voici ci-après deux bravades plus historiques :

LA BRAVADE DE FREJUS

Le poète provençal Frédéric Mistral, dans son dictionnaire Lou Trésor dôu Felibrige, nous précise que "la Bravado consiste en décharges de mousquetterie qu'on fait solennellement et
processionnellement un jour de fête en l'honneur de quelqu'un."
Il précise "qu'à Fréjus elle se fait en mémoire de l'arrivée de Saint François de Paule dans cette ville."


Ce Saint Thaumaturge calabrais né à Paola le 27 Mars 1416, mort à Plessis-les-Tours le 2 Avril 1507 et canonisé le 1er Mai 1519 est célébré avec ferveur et reconnaissance dans notre cité, plus de cinq siècles après son passage, parce qu'il obtint pour nous la Miséricorde du Seigneur et délivra Fréjus de la peste, qu'il éloigna à jamais ce fléau de nos murs et manifeste une protection constante à ses habitants confiants et fidèles.

Ce témoignage de piété s'exprime, en la circonstance, à travers notre exubérance méridionale mais reflète avant tout cette foi populaire, naïve et profonde qui s'enracine au fond des âges et se projette sur l'éternité.

ORIGINES DE LA BRAVADE

Dés 1629, un siècle après sa canonisation, la Ville de Fréjus choisit Saint François de Paule comme protecteur.
Le 20 octobre 1720 le Conseil Général de la Communauté exprime très officiellement le voeu perpétuel et irrévocable de fêter chaque année le glorieux Saint François de Paule par une procession générale et une grand-messe.
Les documents d'archives nous permettent de situer en 1733 l'organisation de la première Bravade en l'honneur du Saint.
C'est en 1784 que la date de la fête fut fixée au troisième Dimanche après Pâques, que fut instaurée la cérémonie de la rencontre historique entre François de Paule et la vieille fréjusienne "Misé Bertolo" et qu'apparut le premier bateau symbolisant l'arrivée du Saint par la voie maritime.
En cette même année le Maire-Consul "autorise la formation d'une Compagnie de Dragons et de Hussards pour solenniser avec joie et pompe la fête du glorieux Saint François.


Ce corps de Bravade évoluera jusqu'à nos jours et participera à toutes les processions votives. Il connaîtra quelques éclipses en périodes de révolutions ou de guerres la dernière se situant en 1906 lors de la séparation de l'Eglise et de l'Etat.

Mais au début des années 50, sous l'impulsion d'un groupe de fréjusiens, fidèles de Saint-François et mainteneurs de la Tradition, la Bravade renaît enfin dans sa forme actuelle.
Elle ne cessera, depuis, de progresser.


LE CORPS DE BRAVADE



Il est placé sous le commandement d'une personnalité choisie par notre Association parmi les bravadeurs et portant l'uniforme d'un Général d'Empire.
Celui-ci est secondé par deux adjoints, Colonels du corps des Grenadiers, et par un Officier d'Ordonnance.
Deux Sapeurs ont pour tâche d'ouvrir la voie au cortège.


Les Bravadeurs sont répartis en compagnies de Turcos, Marins, Zouaves et Chasseurs. Ils sont armés de fusils et de mousquetons réglementaires à piston.

La batterie-fanfare composée de fifres, tambours et clairons, en uniformes des corps des Grenadiers et de la Légion de 1832 est dirigée par son Tambour-Major.

Le corps des enfants, véritable pépinière de futurs bravadeurs, comprend des Hussards, Marins, Turcos et Zouaves accompagnés de leurs cantinières.
L'ensemble est précédé par les "Chivau-fru", corps de Chevau-légers, dont l'origine remonte au XVrnt siècle sous le règne du "bon Roi René".


Il est évident qu'un tel attachement à une manifestation exceptionnelle, religieuse et populaire à la fois, ne peut se concevoir qu'à travers le rayonnement d'un Saint hors du commun dont Bossuet disait "François de Paule est un homme que Dieu envoya au monde pour nous montrer que les lois de la nature cèdent, quand il lui plaît, aux lois de la grâce".

Texte rédigé par le Comité Directeur Association des Amis de Saint François de Paule et des traditions Fréjusiennes.



LA BRAVADE DE SAINT-TROPEZ


Le mot de "Bravade" signifie "bravoure".
Cette tradition provençale, se perpétue de façon toute à fait particulière à Saint-Tropez les 16, 17, et 18 Mai, depuis plus de 450 ans.
Elle est le reflet de l'attachement des Tropéziens à leur passé et de leur dévotion à leur Saint Patron.
Cette commémoration a une double origine, religieuse et militaire, mais pour mieux la comprendre et l'apprécier, il convient de faire un rapide résumé historique.


Pendant de nombreuses années, les pirates écumèrent les côtes méditerranéennes.
Il devint nécessaire d'avoir un chef de guerre et, en 1558, le Conseil de la Communauté décida de désigner sous le nom de Capitaine de ville, le chef de la milice locale chargé de recruter et commander les hommes nécessaires à la défense de la Cité.
Depuis 1558, chaque lundi de Pâques, le Conseil Municipal procède à l'élection d'un Capitaine de ville. Pendant plus d'un siècle, les Capitaines de Ville et leur milice tropézienne assurèrent la défense locale et s'opposèrent victorieusement aux nombreuses attaques venues aussi bien de l'intérieur que de l'extérieur.
La création de la charge de capitaine de ville (Honorat Coste) renforce l'autonomie de la ville. Le capitaine dirige les capitaines de quartiers, un bombardier, une milice et des mercenaires. Les Tropéziens résistent aux Turcs, aux Espagnols, secourent Fréjus et Antibes,
aident l'archevêque de Bordeaux à reprendre les îles de Lérins.
Les pouvoirs qui leur étaient reconnus dans la ville de Saint-Tropez furent confirmés par des lettres patentes de tous les Rois de France jusqu'à Louis XIV.
Sous le régime de celui-ci, la milice locale fit place à une garnison royale installée à la Citadelle. Mais en cessant de faire usage de leurs armes pour la défense de leur Cité, les Tropéziens les conservèrent pour honorer leur Saint-Patron.
Le Capitaine de Ville continua ainsi à se mettre à la tête de la Bravade, grande fête patronale du 17 Mai*, et les habitants ne furent que plus zélés à reprendre ce jour-là le costume et les armes qu'ils avaient jusqu'alors portés.
Depuis, la ville de Saint-Tropez voit chaque année ses habitants en armes revêtir leurs uniformes de soldats et marins et faire retentir leurs tromblons et fusils en l'honneur du Saint, comme à l'époque où ils allaient au combat ou à celle où, en pareil jour de fête, ils protégeaient d'attaques éventuelles la procession se rendant à la chapelle de Saint-Tropez située hors les murs.


15 juin 1637 : Les Tropéziens viennent à bout de 21 galères espagnoles. Cette victoire donnera lieu à une bravade le 15/6 qui glorifie la victoire des habitants sur les Espagnols.
Cette deuxième bravade du 15 juin est plus militaire.

* Pourquoi le 17 mai ?
Tropez, à l’origine Caïus Silvius Torpetius est né à Pise et est un intendant de NERON. Parce qu’il est Converti au christianisme par saint Paul, NERON le fait décapiter le 29 avril de l'an de grâce 68.


La tête de Saint Tropez, recueillie par de pieux habitants est à Pise; quant au corps il subit le supplice de la loi Pompeia contre les parricides.
Mis dans une barque avec un chien et un coq, il fut exposé aux flots de la mer à l'embouchure de l'Arno. La barque poussée par le vent, emporta les reliques du martyr et vint accoster le 17 mai de l’an 68 dans le Golfe de l'ancienne cité "Héracléa", qui, à partir de ce jour, s'appela Sant-Tropetz, en provençal classique.


Une pieuse femme, Célérine, avertie miraculeusement de son arrivée, accourut et le recuillit pieusement.

Un temple fut construit en son honneur et la grande Fête de la Translation des reliques eu lieu le 17 mai.

LA BRAVADE

C’est en souvenir de cette glorieuse époque et pour honorer la mémoire de leurs ancêtres qui défendirent la ville, que tous les ans le Lundi de Pâques, sur la proposition du Cépoun (le mainteneur des traditions en provençal), un Capitaine de Ville est élu par le Conseil Municipal. Il est le Chef des Bravades de l'année.


Il dirige une troupe bruyante et colorée composée de trois corps.
- Les mousquetaires, tout d’abord, armés d'un tromblon et habillés en grenadiers d'Empire avec culotte blanche, tunique bleu et rouge, et bicorne orné de plumes de couleur.

- Les gardes-saint, ensuite, eux aussi armés d'un tromblon, coiffés d'un shako surmonté d'un plumet, qui sont massés autour du buste de saint Tropez.


- Les marins, enfin, en uniforme de 1830, qui sont équipés de longs fusils à piston.

- Sans oublier les 70 musiciens de la clique, vêtus comme les autres figurants de bleu, blanc, rouge, qui participent au vacarme ambiant avec leurs clairons, leurs fifres et leurs tambours.


En moyenne 300 kilos de poudre sont utilisés, canon braqué vers le sol

LES BRAVADES DES 16-17-18 MAI


Le 16 Mai - " LA PETITE BRAVADE "

8H00 : Salves d’artillerie, Aubades aux Autorités et Chefs de Bravade. 21 charges de poudre sont tirées. Pour les Tropéziens c'est le début des Bravades.

Dans la matinée, la Clique parcourt les rues de la ville au son des musiques traditionnelles, en donnant l'aubade aux anciens Capitaines de Ville et aux autorités.

La "petite Bravade" débute à 15h sur la Place de la Mairie, par la bénédiction des armes, puis la remise officielle par les autorités civiles, de la pique et du drapeau symboles de leur autorité à l'Etat-Major, qui se compose du Capitaine de Ville et de son Major, de l'Enseigne et de son Major, 2 jeunes garçons
choisis parmi les fils de Bravades. Tous ensemble ou les uns après les autres, les membres du Corps de Bravade environ 180 hommes comprenant: les Marins, les Mousquetaires et les Garde-Saints déchargent leurs mousquets et fusils, afin d'honorer le Saint posé sur son socle, les autorités, religieuses, civiles et militaires.

La procession commence, le Porte-croix en tête, suivi du Corps de Bravade, les mousquetaires, les marins, les Garde-Saint. Le buste du Saint est porté par les Pisans en rouge, venus exprès de Pise, symbolisant le Martyr de Saint-Tropez. Elle se dirige vers le Port et parcourt la ville en faisant des stations, toujours les mêmes, pour rendre les honneurs à Saint-Tropez comme l'exige la tradition. La "petite Bravade" dure jusqu'à environ 20h, retour du buste de Saint-Tropez à l'église où les Bravadeurs lui rendent hommage.

17 Mai

9h00 : Messe dite "des Mousquetaires". Il n'y a plus une place dans l'église, une fois rentrés: le corps de Bravade, les petits garçons en habit de mousquetaire ou de marin, les provençales en costume, les autorités civiles et militaires et la foule des tropéziens venus témoigner de leur Foi en leur Saint Patron.

Au cours de la Messe, les bouquets vendus à l'entrée de l'église sont bénis, chaque famille Tropézienne conserve le sien placé à côté du buste du Saint, présent dans toutes les maisons. Les cantiques louant Saint-Tropez sont chantés par tous, chaque Tropézien les a entendus depuis sa plus tendre enfance, ils font partie intégrante de leur patrimoine culturel. Après la Messe, la procession se forme Place de la Mairie, les provençales devant le Corps de Bravade.

Les Garde-Saints alternent avec les pisans pour porter Saint-Tropez, des bénévoles portent les bustes de Saint-Pierre, Saint-Roch, Ste Ursule... La procession longe le Port, jusqu'à la Croix de Fer, la rue Allard, la rue Georges Clemenceau, la Place des Lices, la rue Gambetta, retour à l'église pour un hommage Saint-Tropez.
vers 11h 30

L’après midi : la "Grande Bravade" commence à 16h Place de la Mairie. La Procession est la même que la veille, mais les stations sont plus longues et plus nombreuses. Un petit garçon, fils de bravadeur, met une écharpe rouge autour du cou de Saint-Tropez, symbole du lien entre le passé et le présent. Les Bravadeurs marquent une pause vers 20h, puis la Bravade reprend jusqu'à la reddition de la Pique et du Drapeau aux autorités civiles sur la place de la mairie. A minuit, c’est la Reddition de la pique et du drapeau suivie de la rentrée du Saint et du Baiser des Reliques. Une dernière salve d'honneur est tirée dans la nuit tropézienne, (il est à noter qu'environ 500 kg de poudre sont utilisés pour les Bravades) et le Buste du Saint remis à l'église où les Bravadeurs et les Tropéziens lui rendent un dernier hommage vibrant de Foi. A l'an que ven...

le 18 Mai

[size=14]A 8h00, le Corps de Bravade se réunit sur la Place de la Mairie pour monter en procession jusqu'à la Chapelle Sainte-Anne où une messe d'actions de Grâces est dite à 9h00, suivie du traditionnel pique-nique autour de la Chapelle; les familles tropéziennes se retrouvent pour partager les provisions apportées avant de redescendre en dansant la farandole derrière la Clique, jusqu'au village...Les marins, espiègles, font sauter en l'air les personnalités... Après les deux premiers jours de Bravade tout empreints de Foi et de rigueur militaire, le pique-nique de Ste Anne et la descente vers Saint-Tropez sont placés sous le signe des retrouvailles, de la liesse, de l'amitié et de la joie d'avoir une fois encore ensemble, célébré et honoré Saint-Tropez durant ces trois jours de fête.

BONNE FÊTE DE LA SAINT-MAuR ET BOUCHEZ-VOUS LES OREILLES !




JANUS



Dernière édition par janus le Mer 4 Déc - 23:17, édité 1 fois

2 petit rectificatif le Mar 22 Mai - 22:23

christofgend


Bonjour à tous,
Je voudrais apporter un petit rectificatif sur ce qui a été dit dans le sujet "SI LA BRAVADE M’ÉTAIT COMPTÉE". L'article date un peu mais pour les lecteurs qui tomberaient sur le sujet par hasard en pianotant sur la toile il est quand même bon de ne pas leur "compter" n'importe quoi. Quand je lis "La bravade cogolinoise est apparue il n’y a pas si longtemps (14 ans). Elle n’a pas de racines franchement évidentes comme celles de Fréjus et de Saint-Tropez" ou "Bien que cette bravade, pour cause, ne soit pas liée à un évènement ou à un personnage historique particulier" vous m'excuserez mais cela me fait bondir. Voici les origines de notre Bravade de Cogolin qui ne remonte pas à hier :

Dans la célèbre cité des pipes en bruyère, tapis et anches, COGOLIN dont Saint-Maur est le patron, chaque année, le deuxième week-end de mai suivant la tradition, on célèbre sous son nom la fête locale.

Il faut remonter en 1683 pour voir cette fête devenir une manifestation populaire.

En 1776 le Conseil de Ville décide créer un drapeau pour la fête de Saint Maur sur lequel figure d’un côté les armes de la ville et de l’autre l’effigie du Saint.

Le Conseil de Ville choisit comme Capitaine de Ville Etienne Guibaud et pour porte-enseigne Joseph Martin.

Jusqu’en 1845, les Capitaines de Ville et les porte-enseignes se succédèrent. A cette date, le Conseil Municipal de Cogolin décide que la fête de la Saint-Maur se déroule sans bravade.

L’interdiction de la bravade ne fut que momentanée, en effet, en 1858 le Second Empire nous apporte les échos de processions, au bruit de la musique et de la mousquetade avec la présence de mousquetaires, chasseurs à pied, zouaves et hussards pour la Saint-Maur de Cogolin. Et cette Bravade à été réinstaurée en 1997 par les Cogolinois qui n'ont jamais oubliés leurs traditions et leurs racines.

Et enfin un petit mot tout à fait personnel qui n'engage que moi ! "Par pitié arrêtons de polémiquer sur nos bravades, de nous critiquer les uns les autres, à savoir laquelle est la plus ancienne, la plus légitime, la plus belle. Elles sont toutes différentes, et y mettons chacun tout notre cœur, nous nous battons tous pour la même chose : la sauvegarde de notre patrimoine culturel, pour notre Provence, pour que nos générations futures n'oublient jamais leur racine.

Chris

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